La
dictature du brocoli
Je vous pose une question.
Est-ce que la société d’aujourd’hui, violente, individualiste, matérialiste, hyper-sexualisée,
se transformerait en une communauté plus humaine, si chacun mangeait sept
portions de fruits et de légumes par jour?
Bien sûr, vous répondrez par la
négative. La vie n’est pas aussi simple que cela. Manger sainement ne résout
pas tous les problèmes. À une époque où la notion de devoir s’est éclipsée au
profit des droits, il est curieux de constater l’ampleur de ce courant qui, par
le biais de publicités et d’études scientifiques, insiste sur la responsabilité
ou le devoir de chacun de bien manger.
Moi, je vois dans cette
tendance, outre les raisons politiques reliées aux coûts du système de santé,
la valorisation d’une seule facette de ce qu’est la santé, celle liée à l’idéal
du corps physique et à sa longévité. Mais, ce faisant, on occulte une dimension
plus complète et réaliste de la santé. Voici la définition telle qu’indiquée
sur le site de l’encyclopédie virtuelle Wikipédia :
«La santé est un état de
complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en
une absence de maladie ou d'infirmité. Cette définition est celle du préambule1
de 1946 à la Constitution de l'organisation mondiale de la santé (OMS) (…) et
n'a pas été modifiée depuis 1946. Elle implique que tous les besoins
fondamentaux de la personne soient satisfaits, qu'ils soient affectifs,
sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels et du stade de l'embryon, voire
des gamètes à celui de la personne âgée.»
Bref, la santé ne consiste pas
à avoir des abdominaux sexy ou à rentrer dans ses jeans. Alors, inutile d’en
faire une obsession. Là-dessus, un petit poème.
Mourir jeune Mais vivre à sa façon Selon ses vœux - Imposer la santé Ça rend le monde malade
Stéphane Flibotte |






