L’avortement,
la morale et le droit
La loi prodigue des droits
fondamentaux aux individus, qu’elle justifie par des principes et des valeurs
morales, comme l’égalité et la liberté. En résumé, chaque personne a le droit de
faire comme bon lui semble, pourvu qu’elle ne nuise pas à autrui. Parfois, le
citoyen agit de façon immorale, sans qu’il soit sanctionné par la loi. Par
exemple, s’il n’est pas charitable envers un individu dans le besoin, ou s’il
commet l’adultère envers sa femme. Cependant, il a le droit de le faire, selon la
loi. L’inverse survient aussi. Un individu peut fumer du cannabis parce que ça
lui fait du bien. Son geste est illégal mais il peut se justifier moralement. Autrement
dit, tout ce qui est moral n’est pas nécessairement légal, et tout ce qui est
immoral n’est pas pour autant illégal. Les mœurs évoluent, les lois aussi.
Je sais que c’est un sujet
délicat et que je risque d’être critiqué, mais on assiste présentement, surtout
aux États-Unis, à une réouverture du débat sur l’avortement. Plusieurs
voudraient interdire l’avortement. De mon côté, je vois la chose ainsi. Je
crois que l’avortement est immoral. Je veux dire, on ne se réjouit pas de tuer
un futur enfant, on ne peut pas vraiment dire qu’on agit bien en le faisant.
De toutes les manières qu’on voudra bien présenter la chose, il reste que
l’être humain est un être humain depuis sa fécondation. L’embryon possède tous les gènes requis pour que l’on puisse affirmer qu’il
s’agit de ceux d’un être humain. L’avortement est un pis-aller entre les droits
de la femme d’être maîtresse de son corps et ceux de l’enfant à naître. C’est
la réponse à un dilemme.
Cela dit, je crois que
l’avortement doit demeurer légal. Comme je l’ai mentionné en ouverture :
ce qui immoral n’est pas forcément illégal. C’est une condition à une bonne loi
qu’elle ne risque pas d’engendrer des maux plus grands que ceux qu’elle veut
éviter. C’est pourquoi le suicide, qui était interdit avant 1972, est devenu
légal. Ce n’était qu’ajouter au mal vécu par le suicidant que de le punir pour
son geste.
C’est similaire avec
l’avortement. Obliger les femmes à porter en elles un enfant qu’elles ne désirent
pas peut provoquer des drames épouvantables et le soulèvement de la population.
C’est un moindre mal que de leur accorder le droit à l’avortement, bien que ce
ne soit pas bien de tuer un être humain innocent.
Stéphane Flibotte |






