Vision du
futur Comment voyez-vous le futur de
notre société? Ou plutôt, comment voulez-vous qu’il soit? Ce n’est vraiment pas
la même chose. Dans le premier cas, on part des faits extérieur à soi, et on
imagine le reste d’une manière un peu logique. Dans le deuxième cas, on fait un
examen de nous-mêmes, comme individu, pour trouver les valeurs ou les idées que
nous, singulièrement, aimerions assigner à la société du futur. Dans le premier
cas, on tente de dresser un tableau objectif de la manière dont les choses vont
se dérouler dans l’avenir. Dans le second cas, on part de soi-même, pour
imaginer sa propre vision du futur, c’est entièrement subjectif, et beaucoup
plus créatif. Je vous pose cette question,
car elle m’interpelle. Moi, je suis dépendant de vous. Mon sort dépend du
vôtre. Moi, qui suis la plupart du temps isolé du reste du monde, je ne vis pas
sur une île. J’ai besoin d’un toit, j’ai besoin de nourriture, de services de
tout genre de votre part. J’ai aussi besoin d’un reflet, pour m’assurer que je
ne suis pas totalement fou. J’ai besoin d’amour. J’ai aussi besoin de croire,
d’espérer et de rêver de jours meilleurs pour nous tous. À quoi me servirait-il
d’être heureux si vous le n’êtes pas. Si je ne reçois pas même un sourire de la
caissière au dépanneur. Parce que l’humain est un
animal social, je pense qu’il est contre-nature de ne pas agir en partie pour
le bien des autres, et je ne parle pas de celui exclusif de nos proches. La
famille est une grande valeur, mais elle ne suffit pas à bâtir un monde
meilleur. Elle non plus ne vit pas sur une île. Le bonheur de ses membres
dépend en partie de celui des gens qu’ils ne connaissent pas, mais à qui ils se
doivent généralement de faire confiance, parce que ces personnes vivent dans la
même ville qu’eux, dans la même société et sur la même planète. Dans le rythme fou de nos vies,
où face à la compétition, on privilégie l’idée du chacun pour soi, on perd
l’occasion de transmettre à nos enfants, par notre exemple, des valeurs qui
favorisent un rapprochement avec l’autre, pacifique si possible, gentil même.
Parce que c’est bien de le faire. Aussi, parce que c’est une condition
nécessaire à la réalisation de n’importe quelle vision d’une société plus
humaine. Stéphane Flibotte |






