Stéphane Flibotte - Auteur/Compositeur/Interprète/Poète/Philosophe


Chagrin d’amour
 
 
Sirotant un café
L’air absorbé
Les mains tremblantes
Les yeux mouillés
 
La brûlerie vide
Il pleut dehors
Un nœud au bide
Le cœur retors
 
Dans quel piège est-elle tombée
À quel Saint doit-elle se vouer
L’amour a crevé son œil
Elle ne voit que des écueils
 
Table d’à côté
Un homme posé
Commande comme elle
Un café au miel
 
Calepin en main
Il fait un dessin
Femme dans une bulle
De chagrin
 
Dans quel piège est-elle tombée
À quel Saint doit-elle se vouer
L’amour a crevé son œil
Elle ne voit que des écueils
 
Peut-être l’amour va renaître
Le mal, disparaître
Peut-être la pluie va cesser
Le cœur, se ressouder
 




La commune
 
 



Le verre est à moitié plein
Ou bien vide
Le monde est à moitié fin
Ou stupide
 
Le temps est vite passé
Ou il s’allonge
Devant le risque, se replier
Ou faire la plonge
 
Le vent souffle les nuages
Qui viennent et qui passent
Un serment écrit sur une plage
Reste de glace
 
Dépend de ce qu’on a reçu
En héritage
Les valeurs d’une tortue
Ou celle des sages
 
La montagne devant soi
Un chemin à tracer
De la cime l’on voit
Les prochains à grimper
 
Les cours d’eau reçoivent les larmes
De notre Père
Qui de là-haut voit tous ces drames
Et désespère
 
Un halo de lumière
Autour de la lune
Faiblement éclaire
La commune
 
La montagne devant soi
Un chemin à tracer
De la cime l’on voit
Les prochains à grimper
Les prochains à grimper


Les débuts de la fin                
 
 Tu te réveilles
Quand le soleil
Ouvre la porte
Du matin
 
Tu coules un bain
Tu te fais belle
Tu t’en vas loin
Tu prends le ciel
 
C’est décidé
C’est bien mûri
Los Angeles
États-Unis
 
Être une star
Pas de retard
Chanter ta vie
Jouer ta peau
 
Une occasion
Un marathon
De figurantes
Dans l’attente
 
Toi, tu es là
Tu n’lâches pas
T’auras ta chance
Tu as confiance
 
Et dans le film
Présence infime
Une victime
Au combat
 
Toi, tu te bats
Tu n’écoutes pas
Les déceptions
De ton environ
 
Tu continues
Et tu joues nue
Un personnage
Coupé au montage
 
Tu persévères
Tu prends des cours
Tu perfectionnes
Tes amours
 
Et là, enfin
Un rôle bien
Une mère
Dans le désert

Et ta marmaille
Boit à la paille
Dans un pays
Gavé de riz



 










T’enfiles les scènes
Puis, la baleine
Des jumeaux
Un homme beau
 
Tu as de l’argent
Tu t’es gâtée
Et là, tu commences
À chanter
 
T’arrêtes jamais
Même fatiguée
Tes ambitions
Tes passions
 
Tu deviens vieille
Tu ne joues plus
Et c’est pareil
Tu n’existes plus


Planète terre
 
 
Quand les choses se placent
Que le pire est derrière
Champagne sur glace
Renouer avec la terre
 

Quand les choses vont mieux
Pis qu’en plus y a le soleil
L’avenir est plus radieux
Un extra sur ta paye
 
Une question de perspective
Les sentiments sont trompeurs
Toute chose étant relative
Verte ou bleue selon l’humeur
 
Quand les choses s’équilibrent
Qu’on se trouve au milieu
Sentir le cœur qui vibre
Se laissant même croire à Dieu
 
Quand les choses s’améliorent
Une énergie nouvelle
Pas encore la victoire
Mais la vie est belle
Mais la vie est belle
 
Une question de perspective
Les sentiments sont trompeurs
Toute chose étant relative
Verte ou bleue selon l’humeur
 
Une question de perspective
Les sentiments sont trompeurs
Faut-il être détective
Pour éviter les erreurs
 

Une nuit de paix
 
Sur tous les toits
La neige dégringole
Rampe d’escalier
 
Montant lentement
Un vieillard souriant
Il a vu neiger
 
Poils blancs sur le corps
Musique de Noël
Il est seul ce soir
 
Rue bordée de chars
Des chats se voisinent
Les coussins gelés
 
Cordons de couleurs
Emprisonnent les maisons
Une cheminée
 
Cadeaux emballés
Tourtières et vin rouge
Festin céleste
 
Lit de manteaux
Bottes entassées
Éclats de rire
 
L’hiver au Québec
25 décembre sonne
Une nuit de paix



Une question de cœur
 
 
Le monde traîne
Les rues sont pleines
Et les ruelles
Ont mauvaise haleine
 
Le monde flâne
Il tourne en rond
Tel un âne
Ce sera long
 

Le monde chiale
A le teint pâle
Dans la réserve
Tas de conserves
 
Le monde est p’tit
C’est c’qu’on en dit
Quand on riche surtout
«Capiche»
 
Le monde est drôle
Ça joue des rôles
Téléroman
Vivant
 
Le monde triche
Vole, ment et tue
Pour faire sa niche
On se marche dessus
 
Le monde dort
Sous la voûte
Un trésor
Nul doute
 
Le monde parle
Dans le dos
Ça sonne faux
Mauvais récital
 
Le monde fuit
Dans le délire
L’interdit
Sait séduire
 
Le monde vit
Sur une terre
De folies
Et de guerres
 
Le monde pleure
De jalousie
La mort effleure
Le trône
 
Le monde bat vite
Défaillance du cœur
 
Le monde fait peur
Dans la noirceur
Je n’ose pas
Même sortir
 
Le monde fait honte
Y a plus d’exemple
De morale
Qui compte
 
Le monde est sali
Par le flop
De nos propres
Esprits
 
Le monde est poussière
Dit la science
Mais la conscience
N’a pas de frontière
 


Le monde s’enferme
Dans la caverne
Les prisonniers
Restent assis
 




Le monde s’écarte
Dans le bruit
Les ondes brouillent
Les cartes
 
Le monde s’ennuie
Dans une roue
Qui ne fait pas
De magie
 
Le monde attend
Effrontément
La venue
D’un nouveau Messie

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