Stéphane Flibotte - Auteur/Compositeur/Interprète/Poète/Philosophe
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La dictature du brocoli

La dictature du brocoli    


Je vous pose une question. Est-ce que la société d’aujourd’hui, violente, individualiste, matérialiste, hyper-sexualisée, se transformerait en une communauté plus humaine, si chacun mangeait sept portions de fruits et de légumes par jour?   Bien sûr, vous répondrez par la négative. La vie n’est pas aussi simple que cela. Manger sainement ne résout pas tous les problèmes. 

À une époque où la notion de devoir s’est éclipsée au profit des droits, il est curieux de constater l’ampleur de ce courant qui, par le biais de publicités et d’études scientifiques, insiste sur la responsabilité ou le devoir de chacun de bien manger.   

Moi, je vois dans cette tendance, outre les raisons politiques reliées aux coûts du système de santé, la valorisation d’une seule facette de ce qu’est la santé, celle liée à l’idéal du corps physique et à sa longévité. Mais, ce faisant, on occulte une dimension plus complète et réaliste de la santé. Voici la définition telle qu’indiquée sur le site de l’encyclopédie virtuelle Wikipédia :  

 «La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. Cette définition est celle du préambule1 de 1946 à la Constitution de l'organisation mondiale de la santé (OMS) (…) et n'a pas été modifiée depuis 1946. Elle implique que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits, qu'ils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels et du stade de l'embryon, voire des gamètes à celui de la personne âgée.»   

Bref, la santé ne consiste pas à avoir des abdominaux sexy ou à rentrer dans ses jeans. Alors, inutile d’en faire une obsession. Là-dessus, un petit poème.  

Mourir jeune 
Mais vivre à sa façon 
Selon ses vœux 
- Imposer la santé 
 Ça rend le monde malade    


 Stéphane Flibotte

l'avortement, la morale et le droit

L’avortement, la morale et le droit    


La loi prodigue des droits fondamentaux aux individus, qu’elle justifie par des principes et des valeurs morales, comme l’égalité et la liberté. En résumé, chaque personne a le droit de faire comme bon lui semble, pourvu qu’elle ne nuise pas à autrui. Parfois, le citoyen agit de façon immorale, sans qu’il soit sanctionné par la loi. Par exemple, s’il n’est pas charitable envers un individu dans le besoin, ou s’il commet l’adultère envers sa femme. Cependant, il a le droit de le faire, selon la loi. L’inverse survient aussi. Un individu peut fumer du cannabis parce que ça lui fait du bien. Son geste est illégal mais il peut se justifier moralement. Autrement dit, tout ce qui est moral n’est pas nécessairement légal, et tout ce qui est immoral n’est pas pour autant illégal. Les mœurs évoluent, les lois aussi.   Je sais que c’est un sujet délicat et que je risque d’être critiqué, mais on assiste présentement, surtout aux États-Unis, à une réouverture du débat sur l’avortement. Plusieurs voudraient interdire l’avortement. De mon côté, je vois la chose ainsi. Je crois que l’avortement est immoral. Je veux dire, on ne se réjouit pas de tuer un futur enfant, on ne peut pas vraiment dire qu’on agit bien en le faisant. De toutes les manières qu’on voudra bien présenter la chose, il reste que l’être humain est un être humain depuis sa fécondation. L’embryon possède tous les gènes requis pour que l’on puisse affirmer qu’il s’agit de ceux d’un être humain. L’avortement est un pis-aller entre les droits de la femme d’être maîtresse de son corps et ceux de l’enfant à naître. C’est la réponse à un dilemme.   Cela dit, je crois que l’avortement doit demeurer légal. Comme je l’ai mentionné en ouverture : ce qui immoral n’est pas forcément illégal. C’est une condition à une bonne loi qu’elle ne risque pas d’engendrer des maux plus grands que ceux qu’elle veut éviter. C’est pourquoi le suicide, qui était interdit avant 1972, est devenu légal. Ce n’était qu’ajouter au mal vécu par le suicidant que de le punir pour son geste.   C’est similaire avec l’avortement. Obliger les femmes à porter en elles un enfant qu’elles ne désirent pas peut provoquer des drames épouvantables et le soulèvement de la population. C’est un moindre mal que de leur accorder le droit à l’avortement, bien que ce ne soit pas bien de tuer un être humain innocent.   Stéphane Flibotte

Vision du futur



Vision du futur
 
 
 
Comment voyez-vous le futur de notre société? Ou plutôt, comment voulez-vous qu’il soit? Ce n’est vraiment pas la même chose. Dans le premier cas, on part des faits extérieur à soi, et on imagine le reste d’une manière un peu logique. Dans le deuxième cas, on fait un examen de nous-mêmes, comme individu, pour trouver les valeurs ou les idées que nous, singulièrement, aimerions assigner à la société du futur. Dans le premier cas, on tente de dresser un tableau objectif de la manière dont les choses vont se dérouler dans l’avenir. Dans le second cas, on part de soi-même, pour imaginer sa propre vision du futur, c’est entièrement subjectif, et beaucoup plus créatif.
 
Je vous pose cette question, car elle m’interpelle. Moi, je suis dépendant de vous. Mon sort dépend du vôtre. Moi, qui suis la plupart du temps isolé du reste du monde, je ne vis pas sur une île. J’ai besoin d’un toit, j’ai besoin de nourriture, de services de tout genre de votre part. J’ai aussi besoin d’un reflet, pour m’assurer que je ne suis pas totalement fou. J’ai besoin d’amour. J’ai aussi besoin de croire, d’espérer et de rêver de jours meilleurs pour nous tous. À quoi me servirait-il d’être heureux si vous le n’êtes pas. Si je ne reçois pas même un sourire de la caissière au dépanneur.
 
Parce que l’humain est un animal social, je pense qu’il est contre-nature de ne pas agir en partie pour le bien des autres, et je ne parle pas de celui exclusif de nos proches. La famille est une grande valeur, mais elle ne suffit pas à bâtir un monde meilleur. Elle non plus ne vit pas sur une île. Le bonheur de ses membres dépend en partie de celui des gens qu’ils ne connaissent pas, mais à qui ils se doivent généralement de faire confiance, parce que ces personnes vivent dans la même ville qu’eux, dans la même société et sur la même planète.
 
Dans le rythme fou de nos vies, où face à la compétition, on privilégie l’idée du chacun pour soi, on perd l’occasion de transmettre à nos enfants, par notre exemple, des valeurs qui favorisent un rapprochement avec l’autre, pacifique si possible, gentil même. Parce que c’est bien de le faire. Aussi, parce que c’est une condition nécessaire à la réalisation de n’importe quelle vision d’une société plus humaine.
 
Stéphane Flibotte

Lettre ouverte aux québécois


Lettre ouverte aux québécois
 

J’ai passé huit ans sur les bancs de l’université, en philosophie, intéressé surtout par les questions d’éthique et de politique. Le bien et la justice sont mes deux plus grandes valeurs, depuis tout petit garçon. Ça fait un bail que je me soucie d’elles, que j’observe leur évolution. Au Québec, présentement, ces deux valeurs sont piétinées, par un élu arrogant du nom de Jean Charest. L’attitude révoltante de ce dernier, les soupçons qu’il éveille, rendent la situation intolérable pour une personne comme moi. Et je sais que je ne suis pas le seul, car ces deux valeurs ont été transmises par nos ancêtres, jusqu’à ma génération.

Se dissocier de la religion est une chose. Mais de la morale qu’elle implique et qui a donné la force à nos ancêtres d’édifier les fondements de la société que nous formons aujourd’hui, ça en est une autre beaucoup plus sérieuse. La crise politique qui a lieu présentement au Québec, est une chance en or de montrer de quoi nous sommes faits, nous, québécois et québécoises.

Sommes-nous si désorientés,dans notre confort matériel, au point de laisser au pouvoir un homme qui bousille l’héritage de 400 ans d’efforts et d’histoire. Au point de s’en foutre complètement.

Ou allons-nous réagir, et mettre un terme, d’une façon ou d’une autre, au règne d’un Premier Ministre indigne de représenter son peuple.

Le pouvoir de cet homme, provient du nôtre. Si l’on ne brise pas le contrat, si on laisse encore cet homme nous diriger le reste de son mandat, c’est notre identité nationale qui est remise en question.
 
Stéphane Flibotte
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